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Fin du Libor prévue pour 2021

C’est en juillet de cette année que le régulateur britannique des marchés, Andrew Bailey, directeur de la Financial Conduct Authority (FCA), a annoncé la fin du Libor. Une décision qui intervient après plusieurs scandales qui ont ébranlé la confiance des consommateurs dans ce taux, comme en 2012 où des banques comme UBS ou Deutsche Bank ont dû payer des amendes pour un montant total de 9 milliards de dollars. Le manque de liquidités sur le marché interbancaire est également à l’origine de cette suppression.

Le Libor, abréviation de London Interbank Offered Rate, est un taux d’intérêt de référence pour les crédits de courte durée sur le marché monétaire. Ce taux correspond à celui auquel les banques importantes se prêtent de l’argent sans garantie de retour. Il varie tous les jours et est donc soumis aux aléas du marché. Le Libor est considéré comme étant le taux de prêts interbancaires le plus bas à Londres. Selon un article du Financial Times paru début août, ce sont pas moins de 420’000 milliards de dollars de produits dérivés, hypothèques ou prêts aux entreprises qui sont en lien avec le Libor.

Et en Suisse ?

Il s’agira d’un changement important, qui nécessitera entre autre l’établissement de nouveaux outils pour chaque monnaie. En Suisse par exemple, l’on utilisera le Saron qui existe depuis plusieurs années et qui est utilisé depuis 2009 comme taux officiel. Il s’agit d’un taux de référence Overnight basé sur les données du marché repo en franc suisse. Il n’existe à ce jour pas encore de successeur du Libor au niveau européen.

La plus grande différence se situera dans la construction de l’indice de référence. Là où les taux étaient auparavant basés sur des estimations, ils le seront à l’avenir sur des transactions réelles et effectives. A côté, chaque remplaçant du Libor possédera ses propres particularités. La Suisse par exemple va opter pour un taux dit couvert. Cela signifie que les banques se prêteront de l’argent comme auparavant, mais avec un collatéral. Le contraire de ce qui devrait être prévu pour l’euro et dont les détails ne sont pas encore connus.

Consommateur avantagé

Si en théorie ces indices semblent adaptés à chaque situation, ils ne pourront pas être imposés par les autorités financières. En effet, les banques seront libres de choisir les outils qu’elles souhaitent utiliser et d’écrire leurs propres règles. Cependant, au vu du nombre élevé de relations d’affaires existantes et de la réputation bancaire à tenir auprès de l’opinion publique, les banques ne devraient pas augmenter les prix. La Suisse qui peut compter sur un taux existant depuis une dizaine d’année, avait vraisemblablement anticipé via la Banque Nationale suisse (BNS) la disparition du Libor et ses scandales de manipulation.

Pour le consommateur, ce changement ne devrait pas avoir de grande influence sur ses hypothèques. Le cours du Libor en franc et du Sauron sont en effet très similaires. Cependant, ceux ayant contracté une hypothèque liée au Libor devraient étudier de près les conditions du contrat et de transition de l’ancien au nouveau taux.